Dans une interview accordée à France 24 depuis Paris, le ministre thaïlandais Sihasak Phuangketkeow a fermement démenti les allégations du Premier ministre cambodgien Hun Manet selon lesquelles la Thaïlande occuperait des territoires cambodgiens. Il a rappelé que le cessez-le-feu prévoit le maintien des troupes en l’état actuel pendant les négociations de frontière.
Le 23 février 2026, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow a répondu point par point aux déclarations du Premier ministre cambodgien Hun Manet.
Interviewé par France 24 à Paris, il a qualifié le cessez-le-feu d’« encore fragile » et appelé à la désescalade et à la construction de la confiance entre les deux pays.
« Nous avons conclu un accord de cessez-le-feu, mais la réalité est que celui-ci reste fragile. À l’heure actuelle, nous devons travailler à désamorcer la situation, bâtir la confiance afin de faire avancer nos relations », a-t-il déclaré.
Concernant les accusations de Hun Manet, formulées aux États-Unis, selon lesquelles des troupes thaïlandaises occuperaient des zones en profondeur en territoire cambodgien, Sihasak a rappelé que les deux parties avaient convenu, dans le cadre du cessez-le-feu, que les troupes resteraient dans leurs positions actuelles.
Il a également souligné que, avant le récent conflit, des empiétements clairs avaient été commis par le côté cambodgien sur le territoire thaïlandais. « Il faut regarder les faits », a-t-il insisté, appelant les deux pays à éviter toute escalade, provocation ou désinformation.
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Sur les accusations concernant la pose de conteneurs et de barbelés dans des zones prétendument cambodgiennes, le ministre a affirmé que ces mesures avaient été prises en territoire thaïlandais, là où des empiétements cambodgiens s’étaient produits au fil du temps. Il a rappelé le contexte historique : après le conflit cambodgien, la Thaïlande avait accueilli environ 400 000 réfugiés. Certains villageois n’étant pas rentrés, cela a créé des chevauchements de revendications.
Interrogé sur les propos fermes du Premier ministre Anutin, qui avait évoqué la possible construction d’un mur frontalier, Sihasak Phuangketkeow a indiqué que la Thaïlande prendrait toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale, y compris des mesures préventives.
« C’est le côté cambodgien qui continue d’internationaliser le conflit, en faisant des affirmations mensongères même après le cessez-le-feu. »
Le ministre a précisé rester en contact direct avec son homologue cambodgien via WhatsApp afin d’éviter les malentendus et de réduire le risque de nouveaux incidents. Avec la formation en cours d’un nouveau gouvernement thaïlandais, certaines questions devront attendre la nouvelle administration.
« Nous devons garder le calme. Un nouveau conflit signifierait davantage de pertes. Je ne pense pas que ce soit dans l’intérêt de nos deux pays. »
Sur un incident maritime récent – où le Cambodge accuse la marine thaïlandaise d’avoir intercepté trois de ses ressortissants dans ses eaux territoriales, tandis que Bangkok affirme qu’ils se trouvaient en eaux thaïlandaises –, Sihasak a réaffirmé le devoir de la Thaïlande de réagir à toute intrusion.
Il a accusé Phnom Penh de vouloir présenter la Thaïlande comme l’agresseur, rappelant la longue tradition diplomatique thaïlandaise et son attachement à la coexistence pacifique avec ses voisins. Il a suggéré que la rhétorique nationaliste cambodgienne puisse être motivée en partie par des considérations de politique intérieure.
Sur le dossier birman, Sihasak a indiqué que la Thaïlande ne cautionnait pas les récentes élections mais les voyait comme une possible étape de transition. Avec l’ASEAN, Bangkok appelle à un dialogue continu, à la réconciliation et à un processus de paix viable.

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