La Commission nationale anti-corruption (NACC) a officiellement déclaré coupables 44 anciens députés du Move Forward Party (aujourd’hui majoritairement au People’s Party) pour avoir tenté en 2023 de modifier l’article 112 du Code pénal, la loi sur lèse-majesté. Cette décision pourrait leur faire perdre leur siège et les interdire à vie de se présenter à des élections.
Le verdict a été rendu lundi 9 février, soit un jour seulement après les élections législatives. Parmi les 44 députés mis en cause figurent l’ancien leader Pita Limjaroenrat et le nouveau chef du People’s Party, Natthaphong Ruengpanyawut. Dix d’entre eux viennent tout juste d’être élus dimanche !
La NACC estime que la proposition d’amendement visait à « affaiblir la protection de la monarchie » et constituait une violation grave de l’éthique (article 219 de la Constitution et loi organique anti-corruption). Malgré les objections, les 44 députés ont maintenu leur texte jusqu’au bout.
Le dossier sera transmis dans les 30 jours à la Cour suprême, qui décidera des sanctions : perte des sièges parlementaires et interdiction définitive d’exercer des fonctions politiques.
Le secrétaire général de la NACC, Surapong Intharathaworn, a insisté : « même si les députés ont le droit de proposer des lois, le contenu ne doit pas aller à l’encontre de la Constitution ».
Cette décision, tombée seulement 24 heures après le scrutin et visant notamment dix députés fraîchement élus, est largement perçue comme une manœuvre politique ciblée pour neutraliser le principal parti d’opposition réformiste au moment précis où il menace le statu quo. Le timing parfait, les fuites apparues dès le jour du vote, et le passé de la NACC souvent accusée de partialité renforcent les soupçons d’instrumentalisation des institutions. Une fois de plus, la Thaïlande illustre que gagner les élections ne suffit pas à accéder au pouvoir réel et cela est valable partout.

Soyez le premier à commenter