Epstein se faisait livrer des « jeunes noix de coco sucrées » de Thaïlande : l’email qui glace le sang

N908JE - Le 727 privé de Jeffrey Epstein, aussi appelé "Lolita Express" / Photo : Mark Lawrence

Les révélations dans l’affaire Jeffrey Epstein ne cessent de choquer l’opinion publique. Après la publication massive de documents judiciaires, de nouveaux éléments continuent d’émerger, renforçant l’image d’un réseau tentaculaire impliquant le milliardaire condamné pour délits sexuels. Comme de nombreux délinquants sexuels, Epstein avait des habitudes bien connues en Thaïlande, pays souvent associé au tourisme sexuel.

Un nouvel e-mail, daté du 13 novembre 2011, vient d’être rendu public et suscite l’effroi. Envoyé par Nadia Marcinkova — pilote slovaque recrutée par Epstein pour piloter son jet privé surnommé le « Lolita Express » à Epstein, il utilise un langage apparemment codé qui, dans le contexte des activités criminelles d’Epstein, prend une tournure particulièrement sinistre.

« J’ai commandé des jeunes noix de coco sucrées de Thaïlande pour toi et elles viennent d’arriver. Très délicieuses. J’allais te les envoyer à Paris mais j’ai entendu dire que tu revenais, donc je vais les envoyer à 71St avec Sarah… juste pour que tu n’aies pas à boire des jus de vieilles choses poilues. »

Ce message, en apparence anodin, parle de « jeunes noix de coco » commandées en Thaïlande et livrées fraîchement, en opposition à des « vieilles choses poilues ». Dans le cadre des agissements d’Epstein — trafic sexuel de mineurs, recrutement international de victimes — cette formulation est largement interprétée comme un code désignant de très jeunes personnes (garçons ou filles) provenant de Thaïlande, par opposition à des partenaires plus âgées. L’allusion à « boire le jus » renforce le caractère sexuel et sordide de l’échange.

Ce qui rend cet e-mail encore plus troublant, c’est son timing. Il date de novembre 2011, une période où les contacts d’Epstein avec des interlocuteurs thaïlandais étaient actifs, comme détaillé dans le précédent article, il échangeait avec une princesse de Thaïlande au sujet de son association pour enfants défavorisés.

C’est en effet à cette époque précise qu’un lien vers un événement caritatif — rassemblant des centaines de milliers d’enfants — avait été envoyé à Epstein par des proches de la princesse Mom Luang Rajadarasri Jayankura. Quelques semaines seulement après cet e-mail, un intermédiaire demandait à Epstein une donation pour la fondation de la princesse, invoquant les graves inondations qui ravageaient la Thaïlande cette année-là. Les échanges avec l’entourage royal thaïlandais s’intensifient ensuite en 2012, avec des propositions de visites sur place et des coordinations financières.

Voir aussi : Affaire Epstein : Daniel Siad, photographe et ami de Jean-Luc Brunel, communiquait avec Epstein depuis Koh Samui

Bien que rien ne prouve directement un trafic d’êtres humains, la coïncidence temporelle entre cet e-mail évoquant une « livraison » depuis la Thaïlande et la relance des contacts avec l’association pour enfants de la princesse est pour le moins troublante. Elle s’inscrit dans un schéma plus large de relations internationales qu’Epstein entretenait, souvent à la frontière du philanthropique et du criminel.

À suivre, car les dossiers Epstein continuent de livrer leurs secrets…

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