France : Près de 9 millions d’euros détournés, une partie blanchie via l’immobilier en Thaïlande

Image IA d'illustration

Une fraude sociale d’une ampleur exceptionnelle vient d’être démantelée : près de 2 000 salariés floués et 8,9 millions d’euros de cotisations sociales détournés. Une grande partie de cet argent sale aurait été recyclée dans l’immobilier thaïlandais et marocain.

Selon l’enquête de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI), une organisation criminelle basée principalement dans l’Oise aurait mis en place un vaste système de sociétés d’intérim fictives entre juillet 2024 et mars 2025. Ces sociétés démarchaient des entreprises du BTP et de la restauration en leur proposant d’« échapper » aux cotisations sociales.

Le Lt.-Col. Coiffard, porte-parole de la gendarmerie, a résumé le schéma :

« La société A se faisait payer par la société B le montant du salaire net + marge, mais B ne déclarait rien à l’URSSAF. »

Le mécanisme était simple mais redoutablement efficace : une société réelle (A) transférait fictivement ses salariés vers une société frauduleuse (B). Les employés continuaient pourtant à travailler pour A, recevaient un salaire net (exemple : 1 500 € net pour un brut de 2 500 €) et un faux bulletin de salaire. La société B empochait la différence (environ 500 € par salarié) sans jamais déclarer les salaires ni payer les cotisations URSSAF. Le préjudice total est estimé à 8,9 millions d’euros.

Une partie importante de ces fonds aurait ensuite été blanchie à l’étranger, notamment par l’achat d’appartements, villas et terrains en Thaïlande (zones touristiques) ainsi qu’au Maroc. Une holding irlandaise servait de structure écran pour ces montages.

L’enquête, déclenchée en avril 2025 après des signalements de salariés à l’URSSAF et à la CAF, a abouti le 27 janvier à une vaste opération : sept personnes interpellées dans l’Oise, le Var et les Bouches-du-Rhône. Quatre ont été mises en examen, dont une placée en détention provisoire. Les perquisitions ont permis de saisir près de 400 000 € d’avoirs criminels (cash, véhicules, biens immobiliers) ainsi que des armes.

« L’enquête qui se poursuit doit déterminer si les entreprises qui ont été démarchées par les escrocs et qui ont bénéficié de ce montage étaient de bonne foi, croyant faire de l’optimisation fiscale ou si elles étaient complices, auquel cas, elles encourent des sanctions pénales », poursuit le lieutenant-colonel Coiffard.

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