Après près de deux ans de lutte contre les constructions illégales et l’utilisation de prête-noms par des investisseurs étrangers à Koh Samui, les autorités militaires de la 4e région militaire a brusquement dissous ses équipes spéciales. Cette décision soulève de vives inquiétudes chez les professionnels du tourisme, qui redoutent un retour en force des intérêts et des escrocs étrangers sur l’île.
Une vague d’indignation traverse les réseaux sociaux depuis l’annonce de la dissolution par la 4e Région militaire de tous les groupes de travail chargés de résoudre les problèmes d’occupations de terres d’État, de destruction des ressources naturelles et surtout de constructions illégales à Koh Samui, province de Surat Thani.
Ces équipes, réunies sous le nom de « Samui Model », étaient parvenues à devenir un modèle national dans la lutte contre les étrangers qui utilisent des nominees (prête-noms) thaïlandais pour contourner la loi et posséder illégalement des biens immobiliers ou exploiter des hôtels.

« Si la 4e région militaire, par le biais du ISOC Région 4, n’assure plus la coordination de ces actions, ce serait extrêmement regrettable. Avec les tensions géopolitiques mondiales, nous observons une forte tendance à l’afflux de populations étrangères vers Koh Samui et Koh Phangan », a déclaré M. Ratchaphon Phunsawat, vice-président du Conseil de l’industrie touristique de Thaïlande.
Le responsable du secteur privé, qui s’exprimait dans les colonnes du Daily News, a rappelé que les opérateurs touristiques locaux perdent chaque année des revenus considérables à cause des villas de luxe construites sous prétexte d’habitation mais transformées en hôtels via des montages illégaux.

Avant sa dissolution, le groupe de travail dirigé par le colonel Dusit Kesornkaew du 44e bataillon avait réussi, en collaboration avec de nombreux services (police, forêt, fisc, etc.), à monter plus de 20 dossiers judiciaires pour violation de la loi sur les affaires, dont 5 condamnations définitives. 31 fonctionnaires locaux ont également été poursuivis pour corruption dans la délivrance illégale de permis de construire.

Le Bureau de lutte contre la corruption (NACC) région 8 et le Bureau de l’Ombudsman avaient salué cette initiative et recommandé son extension à l’ensemble du pays. Aujourd’hui, l’absence d’une autorité centrale coordonnatrice fait craindre un enlisement du dossier et une nouvelle expansion incontrôlée des intérêts étrangers.
De nombreux observateurs estiment que cette décision pourrait laisser Koh Samui aux mains de « l’argent des réseaux mafieux ».

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