Le chef du renseignement thaïlandais avertit d’un possible regain de tensions à la frontière avec le Cambodge, qui accumule des armes d’Europe de l’Est avant les élections de 2027.
L’intelligence militaire thaïlandaise a mis en garde contre un risque de reprise du conflit frontalier avec le Cambodge, soulignant que Phnom Penh passe des commandes massives d’armement.

Le Lt-Gnrl Teeranan Nandhakwang, chef du renseignement de l’armée thaïlandaise, a publié mardi sur Facebook que les tensions à la frontière avec le Cambodge semblent s’apaiser pour l’instant, avec un passage des affrontements militaires à des manœuvres juridiques et diplomatiques internationales. Cependant, les risques persistent. Le Cambodge a acquis une grande quantité d’armement auprès de pays d’Europe de l’Est (sans qu’un pays fournisseur soit mentionné directement), en vue des élections législatives de 2027. Cette accumulation pourrait déclencher un nouveau round de conflit frontalier.
La situation à la frontière devra être surveillée de près une fois la saison des pluies terminée, a écrit le Lt-Gnrl Teeranan.

Le porte-parole de l’armée, le Maj-Gnrl Winthai Suvaree, a confirmé des mouvements de troupes cambodgiennes, sans pour autant justifier une inquiétude immédiate. Il a été précisé que l’armée thaïlandaise dispose d’informations fiables sur les achats d’armes du Cambodge.
Des rapports font état de déplacements de troupes cambodgiennes près du temple Ta Kwai, sous la juridiction de la 2e Armée dans la province de Surin, mais la situation reste sous contrôle.
Mardi, l’armée thaïlandaise a présenté des drones de combat développés localement pour renforcer la préparation opérationnelle le long de la frontière thaïlando-cambodgienne.

À la base de la Task Force Rachamanu dans la province de Tak, le Col Nattakorn Rueantip, chef d’état-major de la 4e Division d’infanterie et commandant de l’unité Phoenix, a détaillé le déploiement de drones FPV de type « kamikaze » et de drones larguant des bombes. Ces systèmes ont déjà été utilisés lors d’opérations réelles lors d’affrontements passés à la frontière.
« L’armée se prépare à des scénarios futurs et améliore sa survivabilité face à des menaces croissantes. Nous devons développer des drones plus avancés que ceux de nos adversaires et intégrer l’intelligence artificielle pour accroître l’efficacité opérationnelle, réduire les interférences et garantir que les missions se déroulent sans perturbation ni résistance dans des environnements complexes. », a t-il déclaré.
L’armée a alloué un soutien budgétaire complet, et la production est en cours d’accroissement pour répondre aux besoins opérationnels, avec un déploiement suffisant dans les unités et une augmentation du nombre de pilotes. Elle prévoit également un centre de commandement centralisé pour les drones, permettant un redéploiement rapide vers toute zone menacée, comme lors des récentes opérations à la frontière thaïlando-cambodgienne.
L’unité Phoenix a formé plus de 400 pilotes en 11 sessions, avec des exercices conjoints impliquant armée, marine, fusiliers marins et police.
Le Col Nattakorn a insisté sur la nécessité d’un développement continu face à l’évolution rapide des technologies, certains systèmes pouvant devenir obsolètes en quelques jours.
Au-delà des rôles de combat, ces drones sont utilisés par la 3e Armée, chargée de la défense du nord de la Thaïlande, pour des opérations anti-escroqueries et d’assistance au public, malgré des défis d’application dans les pays voisins.

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