Déjà très puissant, El Niño 2026-2027 risque de plonger la Thaïlande dans une météo chaotique : moins de pluie au total, plus de chaleur et d’extrêmes.
Le Pacifique équatorial affiche des anomalies de température de surface déjà supérieures à +2 °C. Selon la NOAA et plusieurs centres climatiques internationaux, l’épisode en cours a de fortes chances de devenir un événement « très fort », voire historique, avec un pic attendu entre octobre 2026 et janvier 2027. Pour la Thaïlande, ce signal océanique se traduit habituellement par une mousson affaiblie et un climat plus chaud.
Les autorités locales confirment déjà les premiers effets. L’Office national des ressources en eau (ONWR) a constaté que les précipitations depuis le début de l’année étaient inférieures d’environ 10 % à la moyenne. Le secrétaire général Chayan Muangsong a décrit un scénario instable :
« Cette configuration pourrait laisser le pays confronté à un temps extrêmement changeant, allant des vagues de chaleur extrême à la sécheresse provoquée par une interruption des pluies. Dans le même temps, certaines zones pourraient encore faire face à des pluies accumulées importantes, des crues soudaines et des glissements de terrain. »
C’est précisément le paradoxe de cet El Niño : moins de pluie au total, mais des extrêmes plus violents. Les pauses sèches risquent d’être plus longues, surtout dans le Nord et le Nord-Est (Isaan). Les températures devraient rester au-dessus des normales, avec un hiver 2026-2027 plus doux que d’habitude. Le bassin du Chao Phraya et les zones agricoles pluviales seront particulièrement exposés.
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Le Département météorologique thaïlandais rappelle toutefois que la mousson du sud-ouest et les thalwegs (creux dépressionnaires) peuvent encore produire des pluies intenses, parfois très localisées. Les crues éclair et les glissements de terrain restent donc possibles, comme l’illustre encore l’alerte pluies fortes émise début septembre 2026 sur le nord du pays.

Les impacts les plus lourds ne coïncident pas forcément avec le cœur de la saison des pluies 2026. Plusieurs analyses agricoles estiment que la période la plus critique pour l’agriculture pourrait être mars-mai 2027, une fois les réservoirs partiellement vidés et la chaleur encore renforcée. La riziculture, déjà sensible au stress hydrique et thermique, serait alors en première ligne.
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Le gouvernement thaïlandais, sous l’impulsion du Premier ministre Anutin Charnvirakul, a demandé une gestion plus prudente des réserves d’eau, notamment dans le corridor économique de l’Est. Les grands barrages du Chao Phraya restent pour l’instant à des niveaux jugés gérables, mais les autorités insistent sur la nécessité d’anticiper plutôt que de réagir trop tard.
Sur les îles du Sud, le signal d’alarme a déjà retenti. À Koh Samui, en juillet 2026, des quartiers de Lamai et de Chaweng ont subi des coupures prolongées, tandis que les bassins de Namuang et de Pru Krajood se vidaient quasiment totalement. L’Autorité provinciale des eaux a ensuite imposé une distribution alternée par zones du 3 au 9 août, faute de pouvoir alimenter toute l’île en même temps : seulement 16 000 m³ arrivaient du continent pour une consommation moyenne de 34 000 m³ par jour. Le vice-ministre de l’Intérieur a exigé un plan de sécurisation à long terme, mais, à ce stade, aucune mesure concrète et durable n’est encore visible pour 2027. La surconstruction, les piscines et la pression touristique restent les facteurs aggravants.
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En résumé, la Thaïlande n’affronte pas seulement un El Niño classique. Combiné au réchauffement global des océans, cet épisode exceptionnel augmente la probabilité d’un climat plus chaud, plus sec dans l’ensemble, et plus imprévisible au jour le jour. Les mois qui viennent, jusqu’au printemps 2027, seront déterminants.
Que peut faire un propriétaire d’une maison ?

Un puits n’est pas le premier réflexe, ni toujours le plus sûr. Pour une maison individuelle, le plus efficace reste souvent de stocker l’eau avant la saison sèche : gouttières, filtre à feuilles, puis une ou plusieurs cuves de 2 000 à 5 000 litres. L’eau de pluie convient très bien aux toilettes, au linge, au jardin et au nettoyage ; pour la boisson, mieux vaut la réserver après filtration adaptée, ou garder une réserve d’eau potable en bonbonnes.
Un forage reste possible, mais il n’est ni automatique ni anodin. En Thaïlande, le forage et l’usage de l’eau souterraine relèvent du Groundwater Act et du Department of Groundwater Resources. Selon la province et le classement de la zone, un permis de forage et parfois un permis d’utilisation sont nécessaires. Il faut aussi un foreur licencié, une analyse de l’eau (fer, manganèse, sel, bactéries) et un budget souvent compris, selon la profondeur, entre plusieurs dizaines et plusieurs centaines de milliers de bahts. En période de sécheresse extrême, la nappe elle-même peut baisser : un puits n’est donc pas une garantie.
Sources : WMO, The Nation

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