Putrajaya sonde déjà Malaysia Airlines et Batik Air car la flambée du pétrole, née de la guerre au Moyen-Orient, menace le modèle low-cost d’AirAsia.
Le 16 septembre 2026, Reuters révèle que Putrajaya a demandé à Malaysia Airlines et Batik Air si elles pourraient absorber la part de marché intérieure d’AirAsia. Relancé sur X par Rozanna Latiff de Reuters, le scoop a fait basculer le débat.
La compagnie pèse environ 40 % du marché aérien malaisien et 60 % du trafic intérieur. Une interruption brutale serait un choc national. Le ministère des Finances a missionné Alton Aviation Consultancy pour chiffrer les besoins. La faillite n’est pas actée. Le prix du kérosène, en revanche, peut la provoquer.

Au deuxième trimestre, le kérosène a bondi de 66 %, à 183 dollars le baril en moyenne, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Pour une low-cost qui vend des billets au plus juste, cette hausse n’est pas un à-côté : c’est le poste qui peut tuer la marge. AirAsia a affiché une perte nette de 831 millions de ringgits, dont 331 millions de pertes de change. L’IATA estime que le conflit ajoutera environ 100 milliards de dollars de facture carburant à l’industrie cette année et réduira presque de moitié les profits 2026.

Le modèle d’AirAsia est particulièrement exposé. Moins de coussin tarifaire qu’une compagnie « full service », flotte à renouveler, dettes lourdes : au 30 juin, 18,4 milliards de ringgits de dettes courantes pour seulement 954 millions de liquidités. Elle devrait au moins 500 millions de ringgits à MAHB pour les taxes d’aéroport. Dès juin, Bloomberg et The Straits Times signalaient des retards de paiement à des fournisseurs et un différend avec Rolls-Royce.
« Des amis pilotes m’ont dit qu’ils avaient déjà manqué les paiements d’EPF. D’ailleurs, ne pas payer l’EPF est une affaire criminelle. », indique un post X.
Sur X, des pilotes évoquent des cotisations retraite EPF impayées. En parallèle, Capital A a cédé en janvier les activités aériennes à AirAsia X pour sortir du statut boursier PN17. Les métiers plus rentables — Teleport, AirAsia MOVE, ADE — restent de l’autre côté. Le secteur aérien, lui, encaisse le choc du baril.

Tony Fernandes, CEO d’AirAsia, parie que la guerre « ne durera pas deux ans » et que la demande tiendra. C’est un pari risqué. Si le conflit s’éternise et que le kérosène reste à des sommets, la montée du pétrole peut lui être fatale : chaque semaine de carburant cher grignote le cash, retarde les remboursements, et rapproche le moment où l’État devra choisir entre laisser tomber la low-cost ou organiser sa reprise.
La direction vise jusqu’à 1 milliard de dollars de dette internationale et 700 millions de ringgits de crédit local. Des sources de Reuters parlent plutôt de 3 milliards nécessaires. Malaysia Airlines et Batik pourraient monter en puissance, à condition de récupérer aussi les avions en location. Une faillite sèche reste politiquement explosive mais un baril qui ne redescend pas pourrait forcer la décision.
Sources : @wilsonyimby, Rozanna Latiff, Reuters, Malay Mail, Reuters (3 sept.), The Straits Times, The Business Times, The Nation, Kompas

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