Une jeune femme de Khao Khlung alerte la commission électorale de Ratchaburi avec une vidéo compromettante : un agent offre 6000 bahts à sa famille pour trois votes en faveur d’un candidat aux élections locales.
Le 16 janvier, Nang sat Na (nom fictif), accompagnée de villageois du Tambon Khao Khlung, s’est présentée à la commission électorale provinciale de Ratchaburi. Elle a fourni une vidéo de surveillance montrant un homme du village remettant 6000 bahts en espèces à son domicile, en échange des votes de son mari, de sa fille et de son frère pour le candidat à la présidence de l’Obot (une version bouddhiste de la communauté de commune) qu’il soutient, à raison de 2000 bahts par tête.
Cet incident inquiète les habitants, qui craignent que les résultats ne reflètent pas la vraie volonté populaire.
Nang sat Na raconte qu’elle était seule à la maison lors des faits et ne pouvait pas voter, n’ayant pas encore transféré son inscription électorale. Choquée par cette tentative d’achat de voix – inédite et à un montant élevé pour un tambon rural comme Khao Khlung – , elle a refusé. Lors d’une rencontre ultérieure avec l’homme, ce dernier l’a agressée verbalement, semant la peur dans sa famille. Sa fille a alors examiné les images de la caméra de surveillance, révélant les faits en détail. Malgré les risques, ils ont décidé de porter plainte.
Aujourd’hui, la famille reçoit des messages de menace l’incitant à ne pas témoigner. Elle envisage de déposer une plainte formelle au poste de police de Ban Pong pour assurer sa sécurité. Nang sat Na insiste : cette démarche n’a pas de visée politique, mais vise à éradiquer l’achat de voix dans la communauté locale.
Natthakorn Khongda, directeur du bureau de la commission électorale de Ratchaburi, confirme avoir reçu la plainte et les preuves. Une enquête est en cours, avec audition des parties dans le respect de la loi.

« Nous devons être équitables : l’accusé aura l’occasion de se défendre pleinement avant toute sanction », précise-t-il.
Le processus provincial dure 20 jours, extensible à 50 jours maximum, avant transmission à la commission centrale pour la décision finale.
Même si les résultats électoraux ont été certifiés, toute fraude avérée entraînera des poursuites. La commission invite les citoyens à signaler tout soupçon afin de préserver l’intégrité des élections locales. En pratique, même si les noms sont connus, les craintes de représailles demeurent très présentes.
Certains acteurs locaux courageux, qui gèrent des pages Facebook sous pseudonyme, signalent régulièrement des faits problématiques ; ils sont souvent dénigrés des personnes qui profitent de cette corruption pour mener leurs petites affaires.

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