France: Les secrets de Mamie Tik qui tient le plus vieux resto thaï de Bordeaux

Depuis 1984, Prayook Xans, alias « Mamie Tik », régale les Bordelais avec ses authentiques plats thaïlandais dans son minuscule restaurant du quartier Saint-Michel. Derrière les fourneaux se cache une ancienne garde du corps du roi Rama IX, dont le mari fut pâtissier du président Giscard d’Estaing. Une vie hors du commun entre Bangkok et Bordeaux.

Dans son petit commerce niché au cœur du quartier Saint-Michel à Bordeaux, Prayook Xans, surnommée affectueusement « Mamie Tik », prépare depuis plus de quarante ans des spécialités thaïlandaises qui font le bonheur des habitués. Mais derrière cette figure chaleureuse et souriante se dissimule un parcours exceptionnel : celui d’une jeune femme qui, dans une autre vie, protégeait la personne du roi Bhumibol Adulyadej, plus connu sous le nom de Rama IX.

« Mon roi », dit-elle avec une émotion intacte lorsqu’elle évoque cette période.

À l’époque, elle s’appelait encore Prayook Mahavong et servait avec ferveur et loyauté le monarque thaïlandais, qui régna de 1950 à 2016. Rama IX, figure tutélaire en Thaïlande, cultivait une image de proximité avec son peuple tout en veillant jalousement à la pérennité de la monarchie. Dans son restaurant bordelais, un photo-montage du roi trône fièrement, rappel permanent de cette allégeance passée.

« Je devais le protéger », confie-t-elle simplement, les yeux brillants, en repensant aux années où elle faisait partie de son service de sécurité rapprochée, à plus de 10 000 kilomètres de la Gironde.

Arrivée en France dans les années 1980, elle s’est installée à Bordeaux où elle a ouvert son établissement gastronomique thaïlandais. Son mari, lui aussi thaïlandais, n’était pas en reste : il a travaillé comme pâtissier au service du président français Valéry Giscard d’Estaing à l’Élysée.

Aujourd’hui octogénaire, Mamie Tik continue de faire voyager ses clients à travers les saveurs authentiques de la cuisine thaïe, tout en incarnant un lien vivant entre deux mondes : la cour royale de Bangkok et le quartier populaire de Saint-Michel. Son restaurant reste un lieu de mémoire autant qu’un repaire gourmand, où l’histoire personnelle se mêle aux parfums de citronnelle, de galanga et de basilic thaï.

Une trajectoire rare qui fait d’elle bien plus qu’une restauratrice : une ambassadrice discrète et attachante de la Thaïlande à Bordeaux.

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