Inondations au Népal : au moins 160 morts et des centaines de touristes disparus

Une crue subite provoquée par une avalanche de glace et de roches a ravagé la frontière Népal-Tibet mercredi, emportant villages, routes et centaines de voyageurs.

Une catastrophe naturelle d’une rare violence a frappé mercredi matin le nord du Népal, près de la frontière avec le Tibet chinois. Une énorme vague de boue et d’eau a déferlé dans les vallées de la Bhote Koshi et de la Trishuli, dans le district de Rasuwa, emportant des villages entiers, des ponts et des routes.

Les autorités népalaises font état d’au moins 160 morts côté népalais. En face, les médias d’État chinois rapportent au moins trois décès et 265 disparus dans le comté de Gyirong. Le bilan devrait encore s’alourdir.

Les premiers éléments indiquent qu’un séisme de magnitude 4,4, survenu vers 8 h 37, aurait déclenché une avalanche de glace et de roches sur un glacier. La masse se serait ensuite déversée dans la rivière Lhende Khola, provoquant une crue éclair vers 8 h 40. Des experts évoquent aussi le rôle du réchauffement climatique dans la fragilité des glaciers himalayens.

Le Népal Tourism Board a annoncé que plus de 400 personnes, dont environ 340 étrangers, étaient portées disparues. Parmi elles figurent de nombreux pèlerins indiens en route vers le mont Kailash, ainsi que des ressortissants américains, britanniques, canadiens, malaisiens et sud-coréens. Des dizaines de militaires et d’ouvriers de centrales hydroélectriques sont également introuvables.

Les zones les plus touchées, Syapru Besi et Timure, restent difficiles d’accès. Les hélicoptères ne peuvent pas atterrir à cause du niveau trop élevé des eaux. L’armée népalaise a déjà porté secours à plusieurs dizaines de personnes. Le Premier ministre Balendra Shah a ordonné des évacuations et demandé l’aide de l’Inde et de la Chine.

Plus de 19 ponts et 40 kilomètres de routes ont été emportés. Environ 430 mégawatts de capacité électrique, soit plus de 12 % de la production hydroélectrique nationale, ont été endommagés. Les autorités redoutent une deuxième crue, un barrage de débris restant coincé en amont.

Sources : BBC, Reuters, AP

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