Privés de personnel bloqué par les eaux, les halls de Suvarnabhumi se remplissent de voyageurs qui attendent leurs valises pendant des heures.
Depuis samedi 26 septembre, l’aéroport de Suvarnabhumi, aux portes de Bangkok, ne parvient plus à restituer les valises dans des délais acceptables. Les passagers de Thai Airways s’entassent dans des halls saturés, tandis que des piles de bagages s’accumulent loin des tapis.
L’aéroport n’est pas fermé les problèmes viennent de la ville. Après près de quarante-huit heures de pluies diluviennes (environ 300 millimètres sur la capitale, plus de 330 dans certains quartiers), les autorités de Bangkok ont placé l’ensemble des cinquante districts en zone sinistrée. Quelque 52 000 foyers ont été touchés. Les axes noyés ont coupé la route du travail à une partie des agents au sol.

Installé dans la province de Samut Prakan, Suvarnabhumi a donc manqué de bras au moment où les vols continuaient d’atterrir. Des chariots de transfert de Thai Airways étaient en outre hors service. Le directeur de la plateforme, Kittipong Kittikhachorn, a reconnu des départs retardés et des attentes anormalement longues à l’arrivée. Dans son communiqué, l’aéroport résume ainsi le blocage :
Les inondations dans plusieurs zones ont affecté la capacité des agents de service au sol de Thai Airways à se rendre à l’aéroport. Certains employés n’ont pas pu prendre leur poste, entraînant une pénurie de personnel et le report de bagages de plusieurs vols.
Dimanche soir, le ministre du Tourisme et des Sports, Surasak Phancharoenworakul, indiquait que des passagers nationaux comme internationaux patientaient quatre à six heures. Des clichés repris par l’Associated Press montrent, ce week-end, des voyageurs alignés devant les bureaux de la compagnie pour faire enregistrer des valises qu’ils n’ont pas pu récupérer. Une voyageuse taïwanaise a raconté avoir attendu dix heures et demie, de samedi soir à dimanche matin, sans explication claire ni eau ni nourriture, avant de dire qu’elle ne reprendrait plus Thai Airways.
L’actrice Fon Sananthachat, de retour d’Osaka dans la nuit du 26 au 27 septembre, a décrit la même impasse : près de six heures dans le hall, des fontaines à eau vides, puis un départ sans bagage. Elle a indiqué avoir récupéré sa valise environ vingt-quatre heures plus tard, après s’être présentée au service bagages avec passeport et carte d’embarquement.
Lundi, le ministre de la Défense, le lieutenant-général Adul Boonthamcharoen, a annoncé l’envoi de militaires pour désengorger le tri. L’armée de l’air a déployé 69 personnels en renfort d’équipes épuisées, certaines ayant enchaîné les vacations faute de relève. Les passagers qui ne peuvent plus attendre sont invités à s’enregistrer, y compris par QR code, afin que les valises leur soient livrées à l’hôtel ou à domicile. Des camions militaires ont aussi été demandés pour ramener au travail les agents encore bloqués par les eaux.

La compagnie espérait commencer ces remises dès lundi après-midi. Le vice-ministre des Transports, Siripong Angkasakulkiat, a toutefois estimé qu’il faudrait environ trois jours après enregistrement, et rappelé que Thai Airways devrait assumer coûts et dommages. Airports of Thailand se réserve le droit de sanctionner la compagnie si des manquements sont établis. Dans le hall, le contraste demeure : les avions décollent, les valises, elles, n’arrivent pas.
Source(s) : Bangkok Post, Khaosod English

Soyez le premier à commenter