Koh Samui : Les expatriés dénoncent les pratiques de certains promoteurs immobiliers sans vergogne

Image IA d'illustration

Sur l’île de Koh Samui, les expatriés s’insurgent contre certains promoteurs, influenceurs et reportages biaisés qui accélèrent la bétonisation et les tensions locales.

Il est loin le temps où les marchands de rêve pouvaient raconter n’importe quoi sans être contredits. Sur Koh Samui, les expatriés français et les résidents locaux ne se contentent plus de râler en privé : ils dénoncent publiquement, sur les réseaux sociaux et dans les commentaires, les pratiques controversées de certains acteurs de l’immobilier. Mise en scène d’interviews, informations légales contestables, promesses de rentabilité très élevées et reportages télévisés aux clichés usés : tout est désormais systématiquement discuté et critiqué malgré les pressions de certains opérateurs locaux.

Le récent reportage de TF1 dans « Sept à Huit », intitulé « Eldorado thaï : ces Français font fortune à Koh Samui », a cristallisé la colère. Des dizaines de commentaires fustigent un format qui ne montre que du bling-bling, des chambres à des milliers d’euros et des destinées hors sol, loin de la réalité vécue par la majorité. « Ce reportage ne reflète pas la vie sur l’île… », écrit une résidente. D’autres parlent de « pub déguisée », de « pathétique » ou de « reportage pour les bobos ».

Les influenceurs et autres vendeurs de formations reconvertis en promoteurs immobiliers n’échappent pas à cette vindicte. Actuellement, c’est « Edenroc » du promoteur immobilier David Combe qui est pointé du doigt sur les réseaux sociaux. Il lui est notamment reproché d’avoir vanté dans une vidéo l’arrivée d’une future liaison aérienne entre Koh Samui et Dubaï comme un élément qui allait « faire exploser » l’investissement immobilier et d’avoir mis en avant des rendements considérés comme complètement irréalistes. Il incarne pour beaucoup la figure typique du vendeur de rêve. Un petit nouveau, toujours lié à Edenroc, s’ajoute désormais à la liste des personnalités commentées. Sur les groupes et sous les vidéos, les commentaires fusent : « blabla de commercial », « guignolo », « attention aux Français installés qui vont essayer de vous escroquer ».

Les pièges du lease de 30 ans sont particulièrement dénoncés. Comme le rappelle un résident expérimenté :

« Le bail foncier (lease) en Thaïlande est plafonné à 30 ans par le Code civil thaïlandais. Le renouvellement est possible, mais voici le piège : les fameuses clauses « 30+30+30 » vendues par les promoteurs n’ont aucune force exécutoire réelle. Un renouvellement n’est qu’une promesse contractuelle du bailleur — pas un droit réel enregistrable. Si le propriétaire décède, vend le terrain ou refuse simplement de signer dans 30 ans, vos recours sont faibles. »

Et cette société n’est ni la seule, ni la pire : des dizaines de promoteurs immobiliers de toutes nationalités sont désormais régulièrement ridiculisés, voire insultés, sur les réseaux sociaux.

Le problème de fond est aussi systémique : chaque construction supplémentaire diminue l’attractivité de l’île et augmente les tensions grandissantes sur les infrastructures. Les biens vendus participent aussi à la transformation progressive du paysage : constructions parfois entachées de malfaçons, sur des terres dont l’acquisition ou le statut est contesté, ou en zones sensibles, avec des permis obtenus dans des conditions opaques. En mars 2026, la municipalité de Koh Samui a révélé un scandale de permis de construire falsifiés. Un employé a avoué avoir contrefait des signatures, y compris celle du maire, contre des pots-de-vin. Des dizaines de villas de luxe sont concernées. Les propriétaires devront payer de leur poche les mises aux normes, sous peine de sanctions. Le maire a lui-même alerté sur le risque d’effondrement et sur l’image internationale de l’île.

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Cette frénésie immobilière met l’île sous une pression extrême. Les réseaux d’eau et d’électricité craquent et le problème d’évacuation des déchets déjà existant n’est toujours pas réglé. En juillet 2026, des quartiers de Lamai (et d’autres zones) ont connu des coupures d’eau de ville prolongées, avec des réservoirs tombés à des niveaux très bas. La surconstruction de villas, hôtels et piscines est pointée du doigt par les habitants. Côté électricité, la PEA a dû dépêcher des générateurs supplémentaires pour éviter les blackouts pendant la haute saison ; le système électrique lui-même nécessite d’importantes rénovations. Les Thaïs, quant à eux, voient leur île transformée, les plages et les collines grignotées, les services publics et la voirie inefficaces, et une partie des autorités locales accusées de fermer les yeux ou de participer au système. Des pages de locaux en colère et des associations anti-corruption sont elles aussi très actives et demandent des comptes aux autorités locales.

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Que ce soit les reportages recyclant les mêmes clichés ou les vidéos d’influenceurs-promoteurs promettant l’Eldorado, la communauté expatriée et les locaux ont basculé dans la défiance active. « Vivement le grand nettoyage de cette île pour toutes ces magouilles et mafia de Français », lance un internaute. D’autres regrettent l’époque où Koh Samui n’était pas encore devenue « Ibiza » ou « Saint-Tropez asiatique ». Les voix se multiplient pour dire que l’on ne s’installe pas ici pour faire fortune, mais pour un cadre de vie. Or ce cadre, à force de béton et de pratiques immobilières agressives, s’érode un peu plus chaque jour, au grand dam de ceux qui aiment encore vraiment l’île…

Sources : Facebook, YT, Edenroc 1, Edenroc 2, groupes Facebook locaux & articles zonesamui

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