Koh Samui & Koh Phangan : les Israéliens multiplient les villas low-cost et dépassent Phuket

À Koh Samui et Koh Phangan, les investisseurs israéliens construisent des villas à bas prix revendues exclusivement à leur communauté, risquant d’accentuer les tensions locales et de saturer davantage les infrastructures déjà sous pression.

Le marché immobilier des îles du golfe de Thaïlande, surtout à Koh Samui et Koh Phangan, connaît une transformation rapide depuis la fin de la pandémie. Une forte demande de la part des Israéliens, séduits par le climat et le mode de vie, tire les ventes de villas et de condominiums vers le haut. Phuket reste active, mais elle est désormais dépassée en nombre de nouveaux projets de villas.

Selon Pranaporn Boonkhajornkul, directrice générale adjointe de Savills Thaïlande, le nombre de visiteurs et de résidents israéliens à Koh Samui est passé de 70 000 à plus de 200 000 personnes.

« Aujourd’hui, Koh Samui et les îles voisines comme Koh Phangan sont devenues des zones résidentielles privilégiées par la communauté israélienne, qui préfère vivre en groupe », précise-t-elle.

Sur Koh Phangan, les Israéliens représenteraient déjà près de 30 % des résidents étrangers (environ 2 500 à 2 600 personnes sur 8 000), avec plusieurs milliers de séjours prolongés signalés par les autorités locales.

Un magasin Israélien à Koh Samui

Ces investisseurs ne se contentent plus de louer : ils deviennent promoteurs. Ils signent des baux emphytéotiques de 10 à 30 ans avec des propriétaires thaïlandais, puis construisent des villas qu’ils revendent en leasehold uniquement à leurs compatriotes. Cette stratégie permet d’afficher des prix compris entre 8 et 10 millions de bahts l’unité, bien en dessous des 14 à 17 millions pratiqués pour les ventes en pleine propriété. Les projets, généralement composés de 10 à 45 villas, se vendent très rapidement. Certains ensembles de 25 unités ont trouvé acquéreur en un mois seulement. Les zones les plus prisées se situent à Mae Nam, Bo Phut et Choeng Mon sur Koh Samui.

Sur les six premiers mois de l’année, 70 à 80 nouveaux projets de villas ont été lancés à Koh Samui, soit environ 800 unités, contre seulement 40 à 50 projets et 700 unités à Phuket. Plusieurs transactions sont désormais réglées en bitcoin ou en autre crypto monnaies. Le rendement locatif constitue un autre facteur d’attraction : les villas touristiques affichent prétendument des rendements annuels de 8 à 10 % (fourchette haute).

« Même lorsque la situation sécuritaire s’apaise, les demandes ne diminuent pas. Certains investisseurs souhaitent acheter jusqu’à dix unités d’un seul coup », observe Pranaporn Boonkhajornkul.

L’arrivée massive de ces populations va probablement accentuer les tensions déjà présentes dans certaines zones. Sur Koh Phangan, des habitants s’inquiètent ouvertement d’une forme de « colonisation », pointent l’usage de prête-noms pour contourner les règles foncières et signalent des frictions (restaurants affichant « No Israel », plaintes pour nuisances, appels à renforcer les contrôles). La même dynamique se développe désormais à Koh Samui.

Cette vague de constructions renforce aussi le stress sur des infrastructures déjà saturées. Routes, réseaux d’eau et d’électricité peinent à suivre le rythme de la surconstruction. À Koh Samui, les réserves d’eau sont régulièrement sous tension et les nouvelles villas (souvent équipées de piscines) aggravent la pression sur des ressources limitées. Les autorités locales peinent à absorber l’afflux sans solutions structurelles.

Face à cette dynamique, la responsable de Savills appelle les autorités à renforcer le contrôle des acquisitions immobilières par les étrangers et à envisager une fiscalité spécifique afin de préserver les intérêts des populations locales.

Sources : Positioning, z.s

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